
Si la lignée des caméra DJI Pocket a toujours été orientée vers la vidéo et le vlogging, la caméra DJI Osmo Pocket 4 apporte quelques ajustements techniques qui méritent l’attention des photographes, sans pour autant prétendre remplacer un boîtier hybride. Voici une analyse des évolutions de ce modèle et de son utilité réelle dans la sacoche d'un photographe.
Le changement le plus visible sur la fiche technique concerne la définition d'image. Alors que la Pocket 3 se limitait à des photo d'une résolution de 9,4 MP, la Pocket 4 propose désormais un mode photo montant jusqu'à 37 mégapixels.
Il faut toutefois nuancer ce chiffre. Bien que le capteur soit un modèle CMOS 1 pouce, une telle définition sur une petite surface implique des photodiodes plus denses. Si cela permet un gain de détails appréciable en pleine lumière et offre une plus grande liberté pour le recadrage (crop), les performances en très haute sensibilité (ISO) resteront physiquement limitées par la taille du capteur. C'est une amélioration notable pour des tirages de format moyen, mais qui demande une exposition soignée pour éviter la montée du bruit.
L'une des caractéristiques techniques mises en avant par DJI est l'atteinte d'une plage dynamique de 14 stops. Pour le photographe, cela se traduit par une meilleure gestion des scènes à fort contraste, comme les paysages urbains en fin de journée.
L'intérêt réside surtout dans la prise en charge du format DNG (RAW). Ce format permet de récupérer une quantité de détails plus importante dans les hautes lumières et les zones d'ombres lors du post-traitement. Sans égaler la latitude de travail d'un capteur plein format, la Pocket 4 offre une souplesse de retouche qui faisait défaut aux premières générations de caméras d'action. Le passage à un profil couleur 10 bits contribue également à une reproduction plus fidèle des nuances, notamment sur les dégradés du ciel.
Contrairement aux appareils photo classiques qui reposent sur une stabilisation optique ou interne au capteur (IBIS), la Pocket 4 utilise une nacelle physique sur trois axes.
Pour la photographie, cet avantage est concret : il permet de réaliser des poses longues à main levée, allant parfois jusqu'à deux secondes, avec un taux de réussite correct. Cela permet de créer des effets de flou de mouvement sur l'eau ou les véhicules sans avoir à s'encombrer d'un trépied. C'est une fonctionnalité pratique pour le photographe de voyage qui souhaite rester léger tout en explorant des techniques de capture nocturne.
L'atout majeur de ce format reste la compacité. Avec son design vertical et sa petite tête de caméra, l'Osmo Pocket 4 ne ressemble pas à un appareil photo traditionnel. Dans un contexte de photographie de rue, cette apparence permet de se fondre plus facilement dans le décor et d'éviter les réactions de recul parfois provoquées par un objectif imposant.
L'écran rotatif de 2 pouces permet également une visée discrète. Couplé à l'ActiveTrack 7.0, il est possible de maintenir la mise au point sur un sujet en mouvement de manière automatisée, laissant au photographe le soin de se concentrer uniquement sur le moment du déclenchement.
Enfin, quelques détails pratiques facilitent l'usage quotidien. L'intégration de 107 Go de stockage interne est une sécurité bienvenue en cas d'oubli ou de défaillance d'une carte microSD. L'autonomie, annoncée à 240 minutes en usage standard, permet de tenir une session de prise de vue prolongée, tandis que la recharge rapide (80 % en 18 minutes) limite les temps d'arrêt.
Avec un poids de moins de 200 g, la caméra Pocket 4 est très facile à transporter et peut être glissée dans une poche (avec une petite protection) ou un petit sac.
En résumé, la DJI Osmo Pocket 4 n'est pas une "caméra miracle" qui viendra détrôner les boîtiers photos. Ses limites physiques restent celles d'un capteur 1 pouce et d'une optique fixe. La caméra Pocket 4 devient bien évidemment très pertinente si vous mêlez photos et vidéos.
Cependant, pour le photographe qui cherche un outil polyvalent et compact capable de produire des clichés RAW de 37 MP corrects, ou pour celui qui souhaite un appareil de secours extrêmement compact et stabilisé, elle constitue aussi une option cohérente. C’est un carnet de notes visuel performant, capable de produire des images exploitables là où l’on ne souhaiterait pas sortir un équipement plus lourd.